• 5 December 2025

Enquête pour féminicide après la mort d’une femme de 58 ans à Quillebeuf-sur-Seine; son compagnon est mis en examen et incarcéré.

Quillebeuf-sur-Seine : Un compagnon mis en examen et écroué après le décès suspect d’une femme, l’enquête s’oriente vers un féminicide Une femme de 58 ans a été retrouvée sans vie à son domicile de Quillebeuf-sur-Seine (Eure) le jeudi 2 octobre 2025. Les circonstances entourant ce décès soulèvent des interrogations de la part des enquêteurs. Son compagnon, déjà connu des services de la justice pour des faits de violences conjugales, a été mis en examen et placé en détention provisoire, l’enquête privilégiant la piste d’un féminicide. Le procureur de la République d’Évreux, Rémi Coutin, a confirmé ce lundi 6 octobre 2025 que les investigations s’orientent « très probablement vers un féminicide ». Le corps sans vie d’une femme de 58 ans a été découvert le jeudi 2 octobre 2025 dans son logement du quai Bernard-Picoult, à Quillebeuf-sur-Seine (Eure). Les secours et les gendarmes, alertés par son compagnon, n’ont pu que constater le décès d e la quinquagénaire. D’après les premières informations recueillies, l’homme aurait signalé avoir retrouvé son épouse décédée au bas de l’escalier de leur habitation. **Une découverte jugée suspecte** La victime présentait des hématomes et des contusions, et a été trouvée au bas d’un escalier. Le procureur a précisé que la veille du drame, la défunte avait assisté à un conseil municipal sans présenter de blessures apparentes. Le même soir, elle aurait contacté un ami pour lui confier avoir été victime de violences infligées par son conjoint. Ces éléments, jugés suspects, ont conduit le parquet d’Évreux à confier les investigations à la compagnie de gendarmerie de Pont-Audemer. **Des marques de « strangulation » et de « défense »** L’autopsie, menée dès le lendemain du drame à l’institut médico-légal, a mis en évidence des marques de strangulation et des traces de défense sur les bras de la victime. Ces constatations, bien que capitales, n e permettent pas à ce stade de déterminer avec certitude la cause précise du décès. Des analyses complémentaires sont actuellement en cours afin d’établir si la chute dans l’escalier est directement responsable de la mort ou si celle-ci a été précédée ou consécutive à des actes de violence. **Le conjoint déjà condamné pour violences** Deux individus ont été placés en garde à vue dans le cadre de l’enquête : le compagnon de la victime, initiateur de l’appel aux secours, et un ami que la défunte aurait rencontré peu de temps avant son décès. L’un d’entre eux a été rapidement mis hors de cause. En revanche, la garde à vue du conjoint a été prolongée en raison de versions contradictoires fournies aux enquêteurs. Le parquet a précisé que le suspect avait déjà fait l’objet d’une condamnation pour violences conjugales en 2020. Il aurait par ailleurs purgé une peine d’emprisonnement en Italie pour des faits dont la nature exacte reste à déterm iner, mais qui pourraient être en lien avec un trafic de stupéfiants. **Mise en examen et incarcération provisoire** Compte tenu des premiers éléments recueillis par l’enquête, le parquet d’Évreux a déféré le suspect devant un juge d’instruction au tribunal judiciaire d’Évreux. L’individu a été mis en examen pour « homicide par conjoint », une qualification qui vise le meurtre commis par l’époux, le partenaire de Pacs ou le concubin de la victime. Par la suite, il a été présenté au juge des libertés et de la détention, lequel a ordonné son incarcération provisoire dans l’attente d’un débat contradictoire programmé dans les jours à venir. L’enquête se poursuit activement afin d’élucider les circonstances exactes du drame et de confirmer ou infirmer la thèse du féminicide. Le mis en cause est passible de la réclusion criminelle à perpétuité.