Aux assises de Bourges, un homme est jugé pour le meurtre de sa compagne, retrouvée calcinée sur son lit, niant les faits.
Procès pour meurtre : Un homme jugé à Bourges après la découverte du corps calciné de sa compagne Aux assises de Bourges, les jurés sont convoqués pour un procès de trois jours afin de se forger une intime conviction. Écrit par Corentin Le Dréan Publié le 06/10/2025 à 19h45 Centre-Val de Loire Deux ans après la découverte du corps carbonisé de Corinne Picard, âgée de 64 ans, son compagnon, Stéphane Johnson, 57 ans, comparaît devant la cour d’assises du Cher. L’homme nie toute responsabilité dans la mort de sa compagne et dans l’incendie qui a suivi. Le 29 avril 2023, les sapeurs-pompiers sont intervenus pour un incendie à Dun-sur-Auron, une commune de 3 500 habitants située à une trentaine de kilomètres au sud-est de Bourges. À l’intérieur d’une chambre aux volets clos, ils ont découvert le corps en grande partie calciné de Corinne Picard, 64 ans, allongée sur son lit. La maison, louée par le couple depuis quatorze mois, avait su bi des dommages partiels dus à l’incendie. L’identification formelle de la victime n’a pu être confirmée qu’en juillet 2023, plusieurs semaines après les faits, en raison de l’état du corps. Au moment de cette découverte macabre, le compagnon de la victime, Stéphane Johnson, alors âgé de 54 ans, était introuvable. Il a été arrêté quelques jours plus tard, le 2 mai 2023, à Toulouse. Lors de son interpellation, les gendarmes ont découvert une arme à feu et des cartouches dans le véhicule qu’il conduisait. Selon ses déclarations, il avait l’intention de mettre fin à ses jours dans une grotte de l’Ariège, submergé par le chagrin lié à la mort de sa compagne. Placé en détention provisoire le 4 mai 2023, il est depuis lors poursuivi pour meurtre par conjoint et pour incendie volontaire, des charges pour lesquelles il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. L’enquête approfondie et l’autopsie réalisées n’ont pas permis dâ €™Ã©tablir avec certitude les causes exactes du décès. Il a été déterminé que la victime n’est pas décédée par asphyxie due aux flammes, aucune trace de fumée n’ayant été retrouvée dans ses poumons. Les experts ont cependant relevé une fracture du crâne, sans pouvoir déterminer si elle résultait de l’exposition à la chaleur intense ou d’un choc traumatique antérieur. Pour la défense, représentée par Me Nathalie Gomot-Pinard, l’absence de certitudes scientifiques laisse place au doute. L’avocate de l’accusé insiste sur le fait que son client « nie toute intention criminelle ». Depuis son arrestation, Stéphane Johnson a présenté aux enquêteurs plusieurs versions de l’événement, parfois contradictoires. Il a initialement évoqué un suicide de sa compagne, affirmant avoir ensuite déplacé son corps sur le lit avant de déclencher l’incendie pour « préserver sa dignité ». Cependant, il a réfuté cette version ce lundi, assurant ne p as être responsable du feu. Une autre explication avancée par le présumé coupable est celle de « harceleurs » qui en auraient voulu à son couple et à son argent. C’est cette dernière version que Stéphane Johnson a maintenue à la barre des assises du Cher lors du premier jour d’audience. Ces contradictions alimentent les soupçons. La partie civile, représentée par Me Eugène Bangoura, ne croit pas aux explications de l’accusé. L’avocat a déclaré au micro de France 3 : « S’il faut choisir entre des inconnus en noirs qui seraient venus sans aucune raison dans cette maison, des inconnus dont on n’a jamais retrouvé la trace, et alors que l’examen des lieux ne permet d’objectiver la présence de tiers, et Monsieur Johnson, qui était là du début à la fin, il y a donc toutes les raisons de croire qu’il est impliqué. » Par ailleurs, selon le témoignage d’une ancienne maîtresse, l’accusé lui aurait confié avoir tué Corinne Picard d’un coup de fusil. Cette témoin sera entendue dans la soirée du premier jour d’audience. La relation entre Corinne Picard et Stéphane Johnson, depuis leur installation en 2022, était caractérisée par des excès, impliquant alcool, cocaïne, crack, ainsi que des épisodes de violences et de disputes. Dans le voisinage du couple, l’accusé était surnommé « le pyromane » en raison de son habitude de brûler divers objets dans la cour. Après deux ans d’attente, le procès s’est ouvert ce lundi 6 octobre 2025 à Bourges. Les trois jours d’audience sont dédiés à permettre aux jurés d’évaluer la responsabilité de l’accusé, en tenant compte des incohérences de son récit et des incertitudes médicales. Le verdict est attendu mercredi 8 octobre.
