• 8 December 2025

Au Royaume-Uni, le procès d’une femme, accusée d’avoir usurpé l’identité de Maddie McCann, enfant disparue en 2007, s’est ouvert.

Julia Wandelt, une citoyenne polonaise qui prétendait être Madeleine McCann, s’est présentée lundi devant un tribunal de Leicester (centre de l’Angleterre). Elle est accusée d’avoir harcelé la famille de la fillette britannique dont la disparition, jamais élucidée depuis 2007 au Portugal, a eu un retentissement international. Julia Wandelt, 24 ans, originaire de Lubin, et arrêtée en février 2025, est mise en cause pour avoir, pendant plus de deux ans et demi, téléphoné et écrit à de nombreuses reprises aux parents de Maddie, Kate et Gerry McCann, et s’être rendue à leur domicile. En avril, elle aurait ainsi appelé les parents plus de 60 fois en une seule journée, selon l’accusation. Un message vocal laissé par l’accusée sur le répondeur de la mère de Madeleine McCann a été diffusé lors de l’audience: « Je sais que mon accent est polonais, je sais que je ne suis pas aussi jolie comme l’était Madeleine dans le passé, mais je sais ce que je sa is, je sais ce dont je me souviens. Laissez-moi une chance, je ne suis pas une menteuse, je ne suis pas folle. Rappelez-moi je vous en prie ». En 2023, Mme Wandelt avait également publié sur Instagram des messages affirmant qu’elle était Madeleine McCann. Des tests ADN ont toutefois établi qu’elle n’avait aucun lien familial avec les McCann. Dès l’ouverture du procès, face à une accusée en larmes, le procureur Michael Duck a tenu à souligner un fait essentiel : « Julia Wandelt n’est pas Madeleine McCann ». Entre juin 2022 et février 2025, elle a systématiquement déclaré à « quiconque était disposé à l’écouter » qu’elle avait été « enlevée et emmenée en Pologne, où elle a vécu avec des individus se faisant passer pour ses parents », a-t-il rappelé. Au cours de l’audience, le procureur a également révélé que l’accusée s’était fait passer en février 2023 pour deux autres jeunes filles portées disparues. Une autre femme, Karen Spragg, âgà ©e de 61 ans, également mise en cause pour harcèlement, est jugée devant la même juridiction. Madeleine McCann, alors âgée de trois ans, a disparu en mai 2007 d’un logement de vacances situé dans l’Algarve, pendant que ses parents dînaient dans un restaurant voisin. Sa disparition n’a jamais été élucidée malgré une campagne internationale et une mobilisation médiatique hors du commun. De fausses pistes et de nombreux rebondissements ont également contribué au retentissement mondial de cette énigme criminelle. « L’une des conséquences pour les parents de Madeleine a été l’attention médiatique considérable générée par cette tragédie », a souligné le procureur, dénonçant certains groupes d’individus « perpétuant des théories du complot », « sans égard pour leur souffrance ». Le mois dernier, le principal suspect dans cette affaire, Christian Brückner, un homme de 48 ans, est sorti de prison en Allemagne, où il a purgé une peine d’empriso nnement de sept ans pour le viol d’une Américaine âgée de 72 ans en 2005 au Portugal, dans la région même où la fillette britannique avait disparu. Cependant, faute de preuves suffisantes, il n’a pas pu être formellement mis en accusation dans l’affaire Maddie.