• 13 December 2025

Au procès en appel des viols de Mazan, les experts décrivent la sexualité "hors normes" de l’accusé, mêlant libertinage, pornographie et recours aux prostituées.

Procès en appel des viols de Mazan : des experts caractérisent la sexualité de l’accusé, Hussamettin D., de « hors normes », évoquant libertinage, pornographie et recours à la prostitution. Hussamettin D., accusé d’avoir violé Gisèle Pélicot, est jugé en appel ce 6 octobre 2025, à Nîmes. Écrit par Bérénice Del Tatto Publié le 06/10/2025 à 19h31 Ce lundi 6 octobre 2025, Husamettin D. a comparu devant la cour d’appel de Nîmes (Gard). Il est l’un des 51 hommes accusés d’avoir violé Gisèle Pélicot. Après plusieurs mois d’enquête, les experts ont conclu à une sexualité « hors normes » pour cet homme de 44 ans. Devant la cour de Nîmes, ce lundi 6 octobre, Mylène Scala, enquêtrice de personnalité, a déclaré que « la sexualité est un sujet délicat à aborder avec l’accusé ». Le procès en appel d’Husamettin D., poursuivi pour le viol présumé de Gisèle Pélicot dans la nuit du 28 au 29 juin 2025, place la sexualité de l’accusé au centre de l’en quête de personnalité. **Dépendance affective** Annabelle Montagne, psychologue au centre hospitalier d’Avignon, a rencontré Husamettin D. en 2021. Elle lui a attribué une « psychodépendance dans la recherche de partenaires sexuels ». L’accusé lui a raconté sa rencontre avec Dominique Pélicot. Les deux hommes auraient échangé via le site coco.fr, et Dominique Pélicot lui aurait demandé une photo de son sexe, qu’il affirme avoir envoyée. Par la suite, il se serait rendu au domicile du couple et a confié à la psychologue avoir été entraîné, déclarant : « La lumière n’était pas forte, il m’a pris la main, il m’a fait faire les trucs. » **Une pratique libertine** Husamettin D. est marié à Farida, de onze ans son aînée. Ils se sont rencontrés il y a plus de vingt ans et ont un fils ensemble. Le couple partage une pratique libertine convenue et consentie. L’accusé a confié à l’experte avoir recours au visionnage de films pornographiques et aux prostitué es. Il aurait des relations sexuelles payantes en moyenne une fois par an, pour son anniversaire. Bien que la sexualité de l’accusé soit multiple, il évoque difficilement le sujet d’après l’enquêtrice de personnalité. « Il a une certaine pudeur, peut-être que c’est pour ça qu’il ne répond pas sur la sexualité », a-t-elle estimé. Dans son rapport, elle décrit Husamettin D. comme quelqu’un de timide. « C’est difficile d’approfondir les sujets, tout reste superficiel », a-t-elle conclu. **Narcissique et borderline** Dans l’étude de personnalité d’Husamettin D., deux traits sont également évoqués par la psychologue en charge du dossier. Premièrement, une « faille narcissique avec l’origine paternelle ». Husamettin D. est né en Turquie, il est arrivé en France à l’âge de six ans et dix ans plus tard, il a été mis à la porte par son père, car il trafiquait des stupéfiants. Selon Laurent Layet, médecin psychiatre : « Il a grandi dans un environnement avec des m anquements avec un père brutal. Ceci a provoqué une fragilité narcissique. » L’accusé aurait aussi un comportement borderline : « une lutte permanente avec des mécanismes de défense classiques : fuite de la réalité : forme d’impulsivité, dépendance au plan affectif, il veut trouver des partenaires. » Ces traits de caractère mèneraient à une « sexualité hors normes ». Annabelle Montagne, chargée de l’expertise psychologique, a ajouté : « La sexualité hors norme, dans le triolisme, il semble qu’il y ait cette notion d’objectalisation, de traiter l’autre comme un objet sexuel. » ** »Il avait toute sa tête »** Tour à tour, les experts se sont succédé à la barre. Tous s’accordent pour dire que son discours est cohérent et qu’il ne présente pas de maladie psychiatrique. Dominique Pélicot a filmé l’acte sexuel qu’il a eu la nuit du 28 juin 2019, avec sa femme et l’accusé. On y voit qu’il est directif avec Husamettin D., qui s’interroge quant à lui sur le manque d e réactivité de Gisèle Pélicot, alors sous soumission chimique. Pour Laurent Layet, chargé de l’expertise psychiatrique : « L’accusé avait toute sa tête pour prendre ses décisions. » Il a également affirmé : « S’il a transgressé, il l’a fait en toute connaissance de cause. » Après une analyse approfondie de la personnalité d’Husamettin D. et la sortie sous applaudissements de Gisèle Pélicot, l’audience se poursuivra dès demain matin, au palais de justice de Nîmes. En début d’après-midi, l’ex-époux de la victime, Dominique Pélicot, sera entendu.